14.07.2002
Petite histoire de Mattel Intellivision
Après avoir brèvement rappelé les conditions de naissance et de développement de Mattel Electronics, nous essaierons de comprendre comment et pourquoi cette console est encore aujourd'hui si prisée par certains gamers et collectionneurs. Des jeux comme US Ski Team Skiing, Frog Bog, Triple Action, Tennis vont certes la différencier de la VCS d'Atari, mais surtout si la console en elle-même est assez banale dans ses possibilités techniques, c'est le travail et la singularité de son équipe de développement, les Blue Sky Rangers, qui fera de cette machine un véritable mythe. La Mattel Intellivison malgré son approche ergonomique atypique, voire rebutante pour certains, sera vendue à trois millions d'exemplaires dans le monde.
Mattel Toys
La société Mattel fondée en 1945 par Harold Matson "Matt" et Elliot Handler, "El" manque de faire une banqueroute au vu des résultats de la fin de l'année 1980 après leur entrée un peu rock and roll sur le marché du jeu vidéo. Ses gérants décident alors de laisser la maîtrise exécutive des produits Intellivision à des investisseurs, et en profitent pour restructurer leur société de jouets, qui redeviendra vite leader sur ce marché. Malgré ce premier échec l'intérêt de Mattel pour le jeu vidéo persistera, Jill Barad, son président, déclarera au milieu des années 90 au magazine Forbes : "Je veux y être, mais je veux le faire de manière appropriée et correctement". Son entreprise devra pour ce faire s'appuyer sur le succès des autres produits Mattel, comme la poupée Barbie ou GI Joe. Jill Barad lance alors The Learning company en investissant 3.6 milliards de dollars et en espérant 50 millions de plus-value mais en 1999 les pertes accuseront 100 millions de dollars. Les anciens programmeurs de Mattel Electronics, ne s'en étonneront guère. Devant ces nouveaux résultats décevants, Jill Barad sera débarquée de la société avec 40 millions de dollars. Mattel met fin à The Learning Company.
Telles sont dans les très grandes lignes les étapes de l'aventure Mattel dans le secteur des jeux vidéo. Revenons à présent aux origines de cette aventure, au lancement d'une console aussi adulée que détestée par les classic gamers, la Mattel Intellivision.
La naissance de la Mattel Intellivision
Le projet Intellivision de Mattel est lancé en 1978. Après avoir créé le département "Design and Developpement", Talle décide de déléguer la fabrication de l'Intellivision à General Instrument pour la partie matériel et Aph Technology Consultant, une entreprise localisée à Pasadena en Californie. pour la programmation de la machine. Car à la différence d'Atari, Mattel n'est pas une entreprise informatique, elle supervisera donc le design de la console, ce qui fera par la suite toute la différence. Aph développera le system's software, la majorité des outils additionnels, et toute la première version hard de l'Intellivision. L'équipe est alors constituée d'étudiants du California Institute of Technology, le président d'Aph est Glenn Hightower. Dave James, un artiste de Mattel Design & Development Departement, travaille sur la ligne graphique des logiciels. Le style de cette console va contribuer à la différencier des consoles Atari et Odyssey, le style plastique de l'époque. Les designers ne vont pas tarder à comprendre que la console doit s'insérer dans l'environnement familial, devenir un compagnon de jeu tout en s'insérant en tant qu'objet esthétique dans un salon par exemple. La console sortira donc dans un style faux bois et faux bronze. Mattel prend aussi un risque important en insérant des "controllers" et non des joysticks, alors même que ces derniers sont en train de se normaliser. Les controllers se présentent sous la forme d'un pavé de douze touches sur lesquels il s'agit de glisser des overlays pour chaque jeu. Ce choix rendra difficile et compliqué le gameplay mais permettra de varier les effets de certains jeux, ce qui assurera en partie de succès des jeux Mattel. Lorsque la console sort, ses performances graphiques enfin, seront au-dessus de l'Atari 2600 (VCS).
Du lancement au crash 1980-1983
Le premier test-marketing a lieu à Fresno en Californie en 1979. Mattel décide d'appeler sa console Intellivision "Intelligent Television". La commercialisation officielle démarre en 1980 au titre de produit Mattel Jouets avec 12 cartouches. La console est vendue 299$. La société Mattel Electronics ne sera créée que plus tard, en 1982. Ainsi la première année, 200.000 unités sont vendues. Comme nous l'avons dit plus haut, l'année 1980 sera difficile pour la nouvelle activité de Mattel. Mattel cherche à se débattre dans ce marché concurrentiel et annonce la sortie prochaine d'une extension clavier capable de transformer la console en ordinateur (64k). De nombreux joueurs achètent cette console en espérant voir arriver ce module, qui testé à la fin de l'année 81, ne sera jamais commercialisé. Mattel entreprend une campagne de publicité agressive usant du droit à la publicité comparative autorisée aux Etats-Unis pour se différencier de la VCS et de l'Odyssey. Pour diversifier le marché Mattel fabrique des consoles quasiment à l'identique pour Telegames Super Video Arcade (Sears), Tandyvision One (Radio Shak), et GTE Sylviana Vision (GTE stores). En 1982 des modules d'extension vont apparaître (Voice Module, Entertainment Computer System). Le module Intellivoice permet d'intégrer des sons et de la parole.
C'est cette année-là, que l'Intellivision II est fabriquée, à partir d'un micro-processeur 16 bits. En janvier 1983 l'Intellivision III est montrée au CES Show mais en hiver Mattel annonce la fin de ce projet. Concernant sa diffusion en Europe, l'Intellivison sera commercialisée en France en format Secam à partir de 1982, mais l'Intellivision fonctionne avec des écrans de 525 lignes (US Standard) alors que les formats Pal et Secam sont en 625 lignes, ce qui signifie que les jeux sur les téléviseurs européens ne peuvent se jouer que sur 80% de l'écran. Mattel tente alors de développer un adaptateur permettant de jouer en plein écran sur un 625 lignes, mais la lenteur à laquelle ce produit arrive sur le marché condamne l'introduction de l'Intellivision II en Europe. Tutorvision, un projet de logiciel éducatif avec World Book Encylcopedia et INTV, ne sera jamais commercialisé. La Mattel sera commercialisée jusqu'au crash de 1983. Certains affirment que le marketing de Mattel était contrairement à son slogan fetish, tout sauf intelligent, et précipita la fin de l'entreprise en 1984. Mattel Electronics est dissoute en janvier 1984. Intellivision Inc. est reformé par Terry Valeski, le directeur marketing de Mattel Electronics par la suite. C'est ainsi que des jeux Mattel furent fabriqués jusqu'en 1990 par INTV Corporation jusqu'à le l'entreprise soit déclarée en banqueroute.
Les jeux de Mattel
Mattel réalisa en tout et pout tout 51 jeux, INTV 21, 43 autres choses furent réalisés par d'autres compagnies telles que Activision (7), Atari (3), Coleco (8), Dextell (2), Imagic (14), Tnterphase (2), Parker Brothers (6), Sega (1). En totalité il en existe 115, mais Mattel réalisa 4 jeux avec le module Intellivoice et 6 avec l'Entertainment Computer System module, ce qui fait 125 jeux. De nombreux jeux identiques étaient commercialisés par ces sociétés (Football, Pac-Man, Big League, etc.) sous des noms différents. Le premier jeux fabriqué par Mattel est Major League Baseball programmé par David Rolfe en 1978 (qui ne fut commercialisé qu'en 1981), mais les premiers jeux commercialisés furent Las Vegas Pocker & Blackjack, Math Fun, Armor Battle et Backgammon, qui faisait partie du test marketing de 1979 à Fresno. Le dernier jeu réalisé est Stadium Mud Buggies et Spiker Super Pro Volley-ball, pour le Noël de 1989. "Le dernier jeu terminé était Deep Pockets: Super Pro Pool & Billiards, qui n'a jamais vu le jour sous le format cartouche (il est sur le CD ROM Intellivision Lives!). Un autre jeu, une version de Choplifter!, n'a jamais été terminée. Deep Pockets et Choplifter!, les deux jeux présentent un copyright de 1990". Selon Press Classic Videogames Collector, le plus mauvais jeux est la version Donkey Kong de Mattel.
L'essaimage des Blue Sky Rangers de Mattel de 1982 à 1986
Le premier staff de programmeur de Mattel regroupait une vingtaine de programmeurs, réunis sous le nom de Blue Sky Rangers. En 1981 des programmeurs de Mattel rejoignent ceux d'Atari chez Activision. En 1982 d'autres programmeurs clés de Aph créent Cheshire Engineering. Ils s'associent à Activision pour développer des titres Intellivision. Dreadnaught Factor, Worm Whomper de Tom Loughry et Beamriser de David Rolfe. En 1983, cette société quitte le marché du jeu vidéo mais existe toujours aujourd'hui comme cabinet de consultant hardware et software. Une autre société, Quicksilver est fondée à partir des programmeurs de Mattel : Bill Fisher (Space Hawk), Steve Roney (Space Spartans), Mike Breen (Buzz Bombers). Seul Bill Fisher s'investit dans la société, et lorsque celle-ci se met à grandir, il décide de travailler seul. En 2000, cette société emploie vingt programmeurs et designers à temps-plein, à Irvine en Californie. Il en sort Castle, et Castle II, Conquest of the New World un jeu très en avance en 1996. Keith Robinson (Tron Solar Sailer) fonde Strand Cruisers en 1985, une société spécialisée dans le design de catalogues et le packaging pour entreprises High Tech (INTV, HP, Sony Interactive mais aussi Quicksilver Software et Realtime Associates). Une division de Strand Cuisers (Making it Production) commercialise des comic strip qui deviendra la base pour The Electronic Arts Sega Genesis Game, Normy's Beach-Babe-O-Rama. En 1986 David Warhol (Mind Strike) créé Realtime Associates, spécialisée dans la musique pour jeux. Il emploie plus d'une douzaine de Blue Skye Rangers et devient prestataire de Electronics Arts, Sega et Disney.
L'implantation de Mattel à Sophia Antipolis, premier incubateur de programmeurs sur le territoire français
En février 1983 Mattel ouvre un bureau de programmation dans le parc des activités de Valbonne à Sophia Antipolis, à Nice. Le staff est recruté à Londres et Paris, le bureau avait pour mission de développer des jeux Intellivision et Coleco pour le public européen. Quand Mattel prit la décision de fermer son activité jeu vidéo fin 1983, Mattel n'aurait pu le faire en raison des lois françaises, Mattel devait trouver un acheteur. Alors que tous les programmeurs de Blue Sky Rangers étaient licenciés en janvier 1984, les programmeurs français restèrent pour développer les jeux que Mattel n'avait plus l'intention de réaliser. La division devint indépendante et sous la direction de Tim Scanlan fut rebaptisée Nice Ideas. Ils continuèrent à fabriquer des jeux pour INTV Corp et Coleco. Quelques années plus tard l'entreprise ferma, la plupart des programmeurs anglais retournèrent à Londres, alors que les français s'essaimèrent dans les autres activités du technopole.
Conclusion et pistes de réflexions sur le phénomène Intellivision
Dans cette version 1.0 nous trouvons une synthèse des informations sur Mattel en ligne. L'histoire rédigée à partir de ces sources classiques ne permet pas de comprendre complètement comment cette console s'est distinguée de ses concurrentes, et pourquoi elle fait l'objet encore aujourd'hui d'un culte dans le monde des joueurs. Les premières explications que nous trouvons après cette brève histoire sont d'ordres techniques, esthétiques et surtout sociologiques. Premièrement la console Mattel est déjà une troisième génération de console à cartouches (après la Channel F de Fairchild en 1976) et la VCS d'Atari en 1977. Elle arrive sur le marché alors que la VCS est en position de domination mais commence déjà à lasser. C'est pourquoi Atari sera obligée de frapper fort en 1980 en commercialisant Space Invaders. En 1980, en arrivant sur ce nouveau marché, Mattel s'adresse à des joueurs en attente de nouveaux jeux, de nouveaux supports. En cela le marketing et le design de la console jouera sur désir de renouvellement en proposant une console différente, qui plus est, pensée au niveau du design pour mieux s'intégrer à l'environnement familial. Le second aspect de son succès public est de type ergonomique. La console Intellivision est déjà considérée comme une console Haut Standing (plus chère que l'Atari 2600), capable alors de séduire des foyers plus riches ou plus attentifs au caractère esthétique de la machine elle-même. Ainsi l'ergonomie de la console (overlays, esthétique mobilier, bel objet) distingue cette machine des consoles en plastique d'Atari et de Magnavox. Mais aussi la qualité des jeux, originaux, va captiver un nouveau public, plus exigeant et connaisseur. Malgré la faiblesse graphique de ces jeux, plus proche des graphismes de Vidéopac que d'Atari. Concernant les aspects techniques, la Mattel est supérieure à la VCS, ce qui dès cette époque est un argument important pour attirer les joueurs. Les caractéristiques économiques sont liées à la puissance financière de Mattel (autre géant du loisir après Warner à se lancer dans le jeu vidéo), l'image de cette entreprise, et les méthodes marketing agressives qu'elle décidera d'adopter, amenant le monde des joueurs à se cliver, en étant pro-Atari, ou pro-Mattel. Le dernier aspect, sociologique, embrasse tous les autres et concerne à la fois l'esprit des Blue Sky Rangers, c'est à dire les méthodes coopératives, l'esprit d'équipe de ces premiers programmeurs, qui à la différence des premiers programmeurs d'Atari, étaient eux-mêmes des gamers avant ou autant que des informaticiens, un esprit qui a été le déclencheur d'un phénomène socioculturel particulier et peut-être unique dans l'histoire du jeu vidéo (lien social, etc.). Tous ces facteurs n'expliquent qu'en partie seulement pourquoi la console Intellivison est aujourd'hui une console "mythique" aux USA, et pour mieux le comprendre, il conviendra d'une part d'approfondir nos recherches sur le positionnement de Mattel en 1982, de réaliser des entretiens avec les programmeurs des Blue Sky Rangers. Enfin il conviendra évidemment d'analyser les jeux en eux-mêmes, et de tenter de comprendre leurs différences avec les jeux de l'époque et notamment d'Atari.
version 1.0 du 14 juillet 2002
PS : cet article rédigé à partir de sources sur le web est une version 1.0, donc évolutive. Il n'est pas enrichi pour le moment avec des sources de première main, à savoir des entretiens réalisés avec des acteurs du monde Mattel. Il constitue une première base documentaire sur ce sujet. Pour davantage de précisions se référer aux liens présentés dans la rubriques de droite. A suivre donc...
15:35 Publié dans Game Theory | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Intellivision, Mattel, Retrogaming, Atari
02.03.2002
Entretien avec Nicolas Sapin
Nicolas Sapin, 28 ans, est l'un des collectionneurs français les plus expérimenté. ll s'est spécialisé dans les pongs, Videopac, Vectrex, C64, et stocke les pièces de sa collection dans un local de 40m2 à Strasbourg.
GamOtek : Te souviens-tu du premier jeu vidéo auquel tu as joué ?
Je n'ai pas de souvenirs de bornes de jeux arcade et je ne pense pas y avoir beaucoup trainé en repensant à l'éductation anglaise que j'ai reçue...en fait, mon tout premier souvenir de jeu électronique, puisqu'il faut bien revenir aux racines, ce fut un LCD que j'ai depuis retrouvé aux puces pour 5 F (inutile de dire que sa valeur sentimentale est au-delà) qui s'appelait "Runaway". J'ai par la suite gouté à Donkey Kong 2 et un triple écran LCD "le canyon aux diamants. Si tout ça c'est pas du détail :) Pour ce qui est des jeux vidéo à proprement parler, mon premier jeu fut Hunchback sur C64. Mon père avait fait l'acquisition de ce commodore alors que j'avais 10 ans. Ce fut le début de tout car, si j'ai suivi pas mal de cours d'informatique tout au long des années, ce sont les jeux vidéo qui m'ont le plus marqué. Le C64 m'a laissé de supers souvenirs avec des jeux tels que : Castle of terror (aventure textuelle), Head over Heels (3D iso), The great escape, Fairlight, etc...pas forcément des jeux grand public (car la moitié des gens nostalgiques citeront Donkey Kong, Pitfall, Gyruss, etc...) mais je suis arrivé un peu tard dans ma mouvance des jeux vidéo, en 83/84 et j'ai l'étrange sensation de n'avoir pas du tout connu toute la période avant qui a vu débouler les Pongs, vidéopac, Atari 2600, etc...non, je suis effectivement tombé dans les jeux video avec l'arrivée des ordis en 83/84.
GamOtek : Quelles ont été les différentes étapes (jeux et consoles) dans ton parcours de joueur ?
LCDs, C64, ST, Amiga, PC, puis seulement alors les consoles PSX, DC, N64. J'ai d'abord été trés ordinateurs mais je me suis, sur le tard, intéressé aux consoles qui proposent de plus en plus des jeux qui m'intéressent alors que les toutes premières consoles ne proposaient que le même genre de jeux d'action décliné sur plusieurs thèmes...et comme je suis trés mauvais dans tous les jeux d'action...je n'aimais pas trop :) Je suis un piètre joueur et comme tous les jeux dits "classics" sont des jeux d'action, je ne suis pas spécialiste.
GamOtek : Es-tu aussi amateur de jeux contemporains sur consoles ou PC ou as-tu une préférences pour les jeux anciens ?
Je vis avec mon temps tout en n'oubliant pas les racines et ce qui fait que nous en sommes là. J'ai donc toutes les consoles du moment, ainsi qu'un PC pour m'éclater sur ce qui se fait de mieux actuellement. Je ne joue que très peu sur mes vieilles consoles que je conserve plus pour le fun et l'intérêt historique que pour l'utilisation.
GamOtek : Comment t'est venue l'idée de collectionner des jeux vidéo ?
Je suis un collectionneur dans l'âme. J'aime avant tout les objets pour l'histoire qu'ils peuvent véhiculer. Tout a commencé en 97, dans un marché aux puces, où j'ai découvert ce que je ne connaissais même pas et qui s'avérait être une Intellivision avec des jeux. Il y a eu comme un tilt. Mais à ce moment là, je me suis dit que c'était complètement saugrenu, que personne n'avait eu l'idée de collectionner ces trucs et que je resterai vite dans mon coin avec mes saletées électroniques amassées à droite à gauche. Puis est arrivé Internet et j'ai vite découvert que je n'étais pas le seul...c'est alors que j'ai vraiment commencé en pratiquant l'échange, aussi bien de machines que d'informations.
GamOtek : Qu'est-ce que les vidéopac ont de si particulier pour toi ?
C'est assez simple. J'ai commencé par tout collectionner pensant vite faire le tour et tout avoir...grave erreur...j'ai donc par la suite décidé de me spécialiser pour trouver un max de choses sur peu de domaines plutôt que peu de choses sur énormément de domaines. C'est un choix. En faisant ce choix, je suis parti sur les collections que j'avais et qui étaient déjà les plus abouties. Il se trouve qu'en région Alsace, les Videopac pulullaient et j'avais donc déjà énormément de choses pour cette console. De plus, son côté très Européen, et surtout français puisque tout a été fabriqué chez nous, lui confère un charme tout particulier.
GamOtek : Quel est l'intérêt et le charme de la Vectrex pour toi ?
Cette machine est hors norme et sans doute en avance sur son temps quand elle est sortie. Son côté unique est très séduisant. Elle regroupe tout un tas d'avancées technologiques. Le nombre de jeux restreints, les accessoires tels que les lunettes 3D, le crayon optique en font un très bon sujet de collection. Et le plus intéressant, c'est qu'existe une véritable "scène" Vectrex internationale avec nombre de développeurs qui continuent à alimenter en jeux la machine. Il en va de même pour les projets hardware.
GamOtek : Tu es aussi spécialiste des Pong, que reste-t-il à faire à collecter à écrire sur les Pong selon toi ?
C'est un peu la question que je me pose également. J'ai amassé environ 400 pongs et j'ai l'impression de tourner un peu en rond. Le fait est que, comme je le disais, je collectionne ces machines pour leur design et avec les pongs, je suis servi puisqu'on trouve de tout dans toutes les formes mais avec toujours la même chose à l'intérieur. Ayant centralisé tant de ces machines, je ne sais pas quelle peut en être la finalité et le boulot consistant à les répertorier, décortiquer, étudier me décourage d'avance...surtout que c'est un fait, les pongs n'intéressent quasiment personne. Je m'étais fait un devoir de les collectionner parce qu'à mon avis, ce sont les racines mêmes des consoles actuelles, et de ce fait, on ne devait pas les oublier.
GamOtek : Dans toute ta collection, quelles sont les pièces le plus rares que tu possèdes ?
Vectrex:
- Le meuble de vente qu'on trouvait en magasin autrefois. Il fait 1m 70 de haut et permet de stocker les jeux et de faire trôner une vectrex au dessus.
- Les lunettes 3D comme neuves en boîte.
- Le modèle japonais de la Vectrex (Kousokusen) distribué par Bandai ainsi que 2 jeux japonais en boites
- Une Mini-cade. Il s'agit d'un petit meuble d'arcade en bois intégrant une Vectrex et un monnayeur. Quatre ont été retrouvées aux USA.
- Des cartouches prototypes de plusieurs jeux, des documentations techniques provenant directement de GCE, etc..
- Un prototype de lightpen en forme de pistolet.
Videopac :
- Un prototype d'Odyssey 3, la videopac G7400 américaine qui n'est finalement jamais sortie.
- Des prototypes de jeux divers.
- Des documentations techniques usines.
- Une console Jopac non pas produite par Brandt mais par Saba/Continental Edison.
- des gadgets divers tels que pins, posters, cartes de membres, etc..
- Une belle collection (ne soyons pas modestes) de la série Jopac Pongs: Je ne peux être fier que d'une chose...la quantité (et forcément pas la qualité) avec près de 400 pongs différents.
- La borne d'arcade Pong jaune d'atari sortie en 73 en état de marche.
GamOtek : Quels sont les collectors que tu recherches ? Existe t-il par exemple des jeux introuvables sur Videopac ou Vectrex ?
Sur Videopac, je possède toute la série des jeux sauf 1 ! Il s'agit de la #48 Backgammon. Elle n'est, à ma connaissance, pas sortie en France et on ne la trouve que sur des sites d'enchères et vendue par des Allemands ou Autrichiens. Il s'agit d'un jeu pas facile d'accés et peu prisé des cultures nordiques ce qui peut expliquer sa rareté et sa faible diffusion. Ce jeu s'est vendu à plusieurs reprises à plus de 2000 F ! Sur Vectrex, il existe toute une série de jeux dont on a connaissance de l'existence mais qu'on a pas encore retrouvé. Il y a quelques mois, un ex-ingénieur de GCE aux USA s'est pointé sur un forum Vectrex en annonçant fièrement qu'il avait plein de jeux de l'époque jamais commercialisés. Il en a fait de nombreux screenshots et nous a montré des photos de matériel qui nous ont permis d'authentifier l'ensemble de ce qu'il nous racontait. Malheureusement pour la communauté vectrex, il s'agissait d'un "connard" qui ne voulait qu'une chose, faire du fric avec ce qu'il avait...et beaucoup de fric ! Il mettait une valeur de $2000 (!!!) sur chacun des jeux prototypes qu'il avait à nous proposer. Une coalition s'est quand même formée pour lui racheter ce qu'on pouvait mais ça ne lui a pas plu et son dernier message stipulait qu'il brûlerait le tout plutôt que de nous le vendre finalement...un vrai détraqué. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il n'était pas le seul à détenir ces bijoux...
GamOtek : Quel est l'état de ta collection à ce jour, en quelques chiffres (place, nombre de consoles et de jeux, etc.) ?
Ma collection occupe un local loué de 40 m2. Il y a surtout les 400 pongs, plus de 300 jeux Videopac (avec les variations de labels, radiola, philips, américains, brésiliens, Jopac, Siera, etc.), toute une collec Vectrex.
Entretien réalisé par e-mail
le 02 mars 2002
15:20 Publié dans World Collection | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Retrogaming, Collection, Atari, Videopac
21.02.2002
Entretien avec Maxime Beauvais (Collectionneur Atari)
GamOtek : Maxime peux-tu te présenter et me dire quel est ton parcours de joueur tout d'abord. Tu parles sur ton site du jeu Joust, puis de Venture sur Coleco. As-tu des souvenirs précis de la première impression que t'ont fait ces jeux ?
Mon nom est Maxime Beauvais, j'ai 29 ans, j'habite près d'Ottawa. J'ai eu ma première console vidéo vers l'age de huit ans. J'ai joué très longtemps avec mon Atari 2600. Puis mon Atari s'est retrouvé dans une boîte dans le grenier de mes parents. Une fois par an j'allais chercher cette boîte pour jouer avec. Je me souviens très bien de Joust en effet. Il y avait l'Arcade Joust dans une salle près de chez moi. J'aimais beaucoup ce jeu. Alors, j'avais demandé à mes parents la cassette Atari 2600 Joust. La premiere fois que j'y ai joué, j'ai été décu car les graphiques étaient vraiment meilleurs sur l'Arcade, mais finalement cela ne m'a pas empêché de jouer pendant des heures avec Joust. Venture est la premiere cassette que j'ai payé avec mon argent de poche. Je me souviens que la première fois que j'y ai joué, je l'ai trouvé très difficile.
GamOtek : Après avoir joué à Swordquest, Earthworld, Fireworld, Vanguard, Astroblast, Missile Command, sur Coleco et Atari, as-tu cessé de jouer avant d'y revenir plus tard où as-tu suivi toute l'évolution des machines?
Non, je n'ai jamais cessé de jouer. J'ai toujours eu une console à la maison (Atari, Nintendo, Super Nintendo, PS1). J'ai suivi la progression technologique en fait !
GamOtek : As-tu déjà enregistré des parties sur certains des jeux auxquels tu as joués (en vidéo par exemple) ? Y a-t-il des jeux sur lesquels tu estimes avoir un bon niveau?
Non, je n'ai jamais enregistré mes parties. A un moment donné, j'ai eu un livre dans lequel je marquais mes records. Mais ce livre est disparu. De toute facon, il n'y avait pas beaucoup d'entrées. Aujourd'hui avec l'internet, il y a des sites où l'on peut voir les records du monde entier sur certains jeux. Je me souviens que quand j'étais jeune, j'étais en mesure d'être dans le top et même encore aujourd'hui.
GamOtek : Tu dis que tu as complété Swordquest il y a quelques années seulement grâce à des soluces trouvées sur Internet, est-ce qu'Internet t'a relancé dans ton intérêt pour le jeu vidéo ?
Je peux dire que oui, c'est grâce à l'internet si je suis un collectionneur aujourd'hui. C'est un bon moyen pour faire des achats et des échanges.
GamOtek : Quand es-tu devenu collectionneur de jeux Atari ? Te souviens-tu comment cela s'est passé ?
Je peux dire que je collectionne les jeux Atari depuis décembre 1999. A cette époque, je ne connaissais rien des sites d'enchère sur Internet (yahoo et ebay). Alors un soir, je venais tout juste de jouer à Missile command sur Atari, j'ai fait un saut sur l'internet et c'est là que je me suis rendu compte que plusieurs personnes vendaient des cassettes et à un très bas prix. Depuis ce jour, je visite régulièrement les sites d'enchères.
GamOtek : Collectionnes-tu seulement des jeux Atari ?
Non. En revanche ma collection principale est constituée de jeux Atari 2600. Je collectionne aussi les jeux Colecovision et les jeux Intellivision complets en boîte. Je me suis limité à ces trois marques. Je possède environ 10 consoles Atari 2600 différentes dont la console que j'avais quand j'étais jeune. J'ai envirion 550 jeux Atari 2600 différents. J'ai un Atari 5200 avec 15 jeux, un Atari 7800 avec 30 jeux, une Colecovision avec 80 jeux, une Intellivision avec 90 jeux. De plus, j'ai environ 500 jeux en double que je garde pour faire des échanges et des ventes (Atari, Intellivision, Colecovision, Nintendo, Super Nintendo, Sega)
GamOtek : Tu as une bannière du Video Game Syndicate ? Es-tu animateur d'une liste de diffusion, connais-tu les personnes qui sont à l'intiative de ce syndicat ?
J'ai simplement déposé leur banniere en bas de mon site. Je sais juste que c'est un genre de regroupement de sites web qui touchent les jeux video. Pour ma part je fais partie du Club des Collectionneurs de Jeux Video du Québec (CCJVQ). Venez faire un tour, c'est gratuit !!! Nous sommes environ 60 membres, principalement du Québec. Nous avons quatre réunions par année pour faire des échanges, des achats et bien sûr pour discuter de jeux video. De plus dans ma région, il y a quatre autres collectionneurs et on se rencontre tous les deux mois environ.
GamOtek : Y a-t-il un phénomène du Classic Gaming important au Canada ?
Je pense que oui. Il y a de plus en plus de collectionneurs et de joueurs. Il y a régulièrement de nouveaux membres qui s'ajoutent à notre club
GamOtek : Pour finir, dirais-tu que le jeu vidéo a développé des facultés particulières chez toi, et si oui lesquelles ?
Oui et non. Peut-être la mémoire et les réflexes...
entretien réalisé par mail
le 21 février 2002
15:15 Publié dans World Collection | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Atari, Collection, Jeux vidéo, Retrogaming

